Lundi, 23 Octobre 2017 13:48

Crachat et insultes à l’encontre d’un maire

 

Gérard Mayaud – ici avec son avocat, Me Daniel Guiet – est maire de Chaillac, depuis 1977 et vice-président du conseil départemental. 
© Photo NR

 

Chaillac. Pour une vieille histoire de goudronnage, Gérard Mayaud, maire a reçu insultes et crachat de la part d’une jeune femme. Elle a été condamnée.

 
Tribunal correctionnel de Châteauroux
L’affaire est clochemerlesque et met en scène des acteurs généralement éloignés des prétoires. Notamment, un vice-président du Conseil départemental de l’Indre et maire de Chaillac, une journaliste de la région parisienne et une vieille dame en fauteuil roulant. La présidente, Stéphanie Lochon-Dallet, a relaté, lundi, cette affaire qui remonte au 22 juillet 2015. « Des travaux de voirie avaient lieu dans une impasse de la commune. » Le maire, Gérard Mayaud, s’y rend et le ton monte vite entre l’élu et une personne âgée en fauteuil roulant : « Travaux », « nids de poule », « goudronnage », « poussière », « bornage », jalonnent ces échanges… Accentuant cette situation conflictuelle, la petite-fille de l’octogénaire – journaliste en région parisienne – prend la défense de sa grand-mère. « Je suis arrivée et j’ai entendu des cris », a-t-elle expliqué lundi à la présidente. Une parole en entraînant une autre, le ton est monté. « Vous avez traité le maire de lâche, de grosses couilles molles » et, pire, « vous lui avez craché au visage alors qu’il était dans sa voiture », s’étonne Stéphanie Lochon-Dallet. La prévenue assure « regretter ses propos » tout en expliquant ses profondes divergences avec l’élu. « Il se conduit en shérif », allait même affirmer un autre membre de la famille. Sur les bancs de la partie civile, les propos de Me Daniel Guiet allaient être tout autres. « Traiter un sexagénaire, maire depuis 1977, officier des Palmes académiques, de cette façon, est simplement insupportable. » Et puis, « il n’y a pas eu que ces insultes. Il y en a eu bien d’autres et elles sont portées sur le rapport de la gendarmerie ». L’ancien bâtonnier estimant par ailleurs « qu’il appartenait aux tribunaux de protéger les élus dans le cadre de leurs fonctions ». 
Carine Mazat, substitut du procureur, a souligné pour sa part « que nous étions bien sur une affaire d’outrages à officier public » et, circonstances aggravantes, « agissant dans l’exercice de ses fonctions ».
400 € d’amende et 750 € de dommages et intérêtsDéfendant la journaliste, un avocat du barreau de Paris a confié que « la famille de la prévenue avait le sentiment d’être traitée différemment en raison de ses origines ». Que cette affaire de goudronnage de cette impasse remontait à de nombreuses années « et qu’il aurait été techniquement très simple d’accéder aux demandes de cette personne âgée ». Et puis, « le maire a pointé du doigt d’une façon agressive la grand-mère de ma cliente et elle ne l’a pas supporté ».
Au terme de ces échanges, la petite-fille a été condamnée à 400 € d’amende et elle devra verser 750 € à la partie civile.

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